Les recommandations officielles classiques de l’OMS d’un régime alimentaire équilibré s’adaptent parfaitement au lipœdème : une alimentation diversifiée, riche en fruits et en légumes, pas trop grasse ni trop sucrée.

L'alimentation est pour le lipoedème, un traitement naturel. Et c'est un des 3 piliers du traitement conservateur, et cela quelque soit votre poids.

lipoedème, méthode conservatrice

Certaines des pratiques alimentaires suivantes sont utilisées dans le cadre du lipœdème. Elles peuvent vous aider à améliorer les symptômes mais doivent, idéalement,  être encadrées par des professionnels. 

Pourquoi les changements alimentaires doivent-ils se faire avec prudence ?

Le lipœdème est souvent associé à une vulnérabilité psychologique voire à des troubles du comportement alimentaire. La maladie a une résonance sur l’estime de soi et un rapport à l’image du corps perturbé. Il est nécessaire de faire le deuil d’une morphologie parfaite. La tête et le corps sont reliés.
article sur la psychologie du lipoedème

Si la nourriture constitue d'ores et déjà une source de préoccupation et/ou d'anxiété, si vous avez des troubles du comportement alimentaire, une modification de l’alimentation n'est pas sans risque.N'hésitez pas à vous faire accompagner par un spécialiste du comportement alimentaire (psychologue, diététicien, médecin…). Le but est de trouver et d’adopter l’alimentation sur le long terme qui vous convienne vraiment. Rappelez-vous, vous êtes unique !

L’alimentation anti inflammatoire

L'objectif de cette alimentation est de diminuer les symptômes, de retarder voire stopper l'évolution du lipœdème, et d’avoir une meilleure gestion du poids. Il ne s'agit en aucun cas d'un régime amaigrissant même s’il peut y avoir des effets positifs sur le poids dans certains cas.

L’inflammation chronique ou inflammation à bas bruit se caractérise par la circulation constante de molécules pro-inflammatoires et inflammatoires dans l’organisme, à des niveaux pas nécessairement élevés. La présence continue de molécules inflammatoires devient extrêmement irritante pour les tissus touchés et peut provoquer des douleurs intenses, l’organisme reste en quelque sorte dans un état d’urgence biologique permanent. La présence de cellules inflammatoires (macrophages) retrouvées dans les prélèvements de tissus adipeux du lipœdème, prouve l’existence d’un phénomène inflammatoire dans la maladie.

Il ne s’agit pas de bannir les aliments déclencheurs d’inflammation, il n’y a pas d’interdits. Il convient seulement de les consommer occasionnellement, voire de les supprimer dans les périodes de poussées inflammatoires (douleurs plus fortes).

De même, l’alimentation anti inflammatoire n’est pas un régime sans gluten ou sans lactose. Elle se rapproche plutôt du régime méditerranéen. Les témoignages d’un réel bénéfice sont fréquents.


Quels sont les aliments anti-inflammatoires ?
  • Les fruits (surtout les fruits rouges)
  • Les légumes dont les crucifères (toute la famille des choux) sont particulièrement conseillés. 

L'objectif est d'avoir des assiettes colorées riches en vitamines, minéraux, fibres et antioxydants.

  • Les viandes (modérément) blanches ainsi que les volailles
  • Les poissons (sauvages, pas d'élevage).
    Privilégier les petits poissons gras riches en omégas 3 anti inflammatoires (sardines, anchois, harengs, maquereaux)
  • Les légumes secs, toutes les légumineuses
    Pour remplacer les protéines animales, ou comme féculents.
  • Pour les matières grasses : des graisses crues comme l'huile de colza, de cameline, de lin en assaisonnement.
  • Du sirop d'agave ou du miel artisanal à la place du sucre (glucose) ou du sucre complet type rapadura ou sucre de coco ou xylitol (sucre de bouleau). Quelque soit le sucre il est à limiter à une utilisation occasionnelle.
  • IL faut plutôt privilégier les farines complètes et favoriser les farines sans gluten quand c’est possible (l’objectif est de diminuer le gluten, pas de l’enlever)
  • Diversifier les féculents et les choisir complets ou semi complets
  • Privilégier les cuissons douces (vapeur, vitaliseur, étouffée) ou rapides ou encore le cru.
  • Privilégier les produits frais, bio, de saison.


Quels sont les aliments pro-inflammatoires à limiter ?
  • Les viandes rouges (porc, bœuf, veau, agneau, cheval, âne, biche, chevreuil, sanglier… tous les animaux à 4 pattes).
  • Produits laitiers : le lait de vache, lait de brebis et de chèvre, par contre, de temps en temps, du fromage de chèvre ou de brebis est possible.
  • Farine de blé industrielle.
    Le gluten n’est pas à diaboliser, juste à diminuer.
  • Le sucre raffiné glucose (sucre blanc, complet, de canne, les pâtisseries, la confiture, les édulcorants, la gelée royale…). Les produits industriels qui contiennent tous du sucre raffiné. 
  • Le thé noir, vert (le thé léger peut être acceptable avec parcimonie), le café, la bière. La chicorée est acceptée.
  • Les plats cuisinés, préparés, les aliments transformés, les préparations industrielles, et la restauration rapide.


Les résultats ne sont pas immédiats. Il est nécessaire d’observer d’éventuels changements sur une période d’au moins 6 mois pour valider ou non l’efficacité de cette alimentation sur votre lipœdème. 

Le stress est aussi une grosse et importante source d’inflammation pour votre organisme. Si vous êtes dans une démarche globale de lutte contre l’inflammation, être zen et décompresser est aussi un axe de travail tout comme avoir une activité physique adaptée. La pratique du yoga et de la relaxation vous permettra de vous détendre.

D’autres types d’alimentation sont évoqués

L’alimentation cétogène

L’alimentation cétogène est un régime riche en lipides. Elle vise à réduire considérablement la consommation de glucides (50 g maximum par jour, soit environ 5% des calories totales consommées dans la journée) au profit des lipides (75%) pour provoquer un état de cétose. L’apport en protéines reste inchangé (20%). Le corps va utiliser les lipides pour produire l’énergie dont il a besoin pour fonctionner à la place des glucides, ce qui va provoquer l’état de cétose.

Le jeûne intermittent

Période de jeûne de 16h en alternance avec une période de prise alimentaire de 8h. Concrètement, cela signifie que tous les repas doivent être pris pendant une plage horaire de 8 heures. Les 16 heures jeûnées permettent à l'organisme de se régénérer complètement.

Il est important de vous faire suivre par un professionnel ou un coach compétent.

Ce qu’il faut absolument éviter:

De nombreuses femmes atteintes de lipœdème ont enchaîné de multiples régimes pour perdre du poids, avant d’être diagnostiquées. Les régimes restrictifs conduisent à l’effet yoyo. Les études démontrent un risque pour la santé mentale et physique dans 95% des cas. Échec, yoyo, dépression, anxiété chronique, TCA, dévalorisation de soi... pour les régimes restrictifs, hypocaloriques ou tout autre démarche déséquilibrée ou hypocalorique. Entre 80% et 99% de tous les patients qui perdent du poids par les régimes restrictifs le reprendront à long terme. Et la reprise de poids aggrave le lipœdème. Les régimes peuvent également conduire à des troubles du comportement alimentaire. Il est possible de perdre du poids mais, pour cela, il est prudent d’être accompagné d’un professionnel.

Gardez bien en tête que chaque personne est unique. L’important est d’être à l’écoute de son corps, de ses ressentis et d’être dans une démarche de bien être, de plaisir et d'équilibre. Le but est de se sentir bien et de se faire du bien. 

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Cet article collaboratif a été rédigé avec le concours de :

Isabelle, Aurélie, Johanne, Karine du groupe Facebook Lipœdème  Méthode Conservatrice uniquement
Aurélie LE GROSSEC, diététicienne comportementaliste en psychonutrition une diet nature.fr
Ghislaine GENY orthésiste, titulaire du DU de lymphologie et spécialiste du lipœdème, gigi.geny@gmail.com